Blog

Discerner

Discerner

Quand on a une décision difficile à prendre il faut discerner .comme le mot l’indique il s’agit bien de dis cerner : séparer les choses les unes des autres. C’est la condition sine qua non pour y voir clair, pour que cela résonne juste et que le mouvement qui  vient coule de source.

Quand la décision est difficile, cela génère forcément en nous des conflits internes à la fois sur le plan émotionnel et aussi sur le plan des valeurs. Tout cela devient alors confus et le risque est de décider sur un coup de tête en étant influencé par ses émotions ou par ses valeurs. Alors tant que tout est confus, il est urgent de ne rien faire et de prendre le temps du discernement.

Mais que faut-il séparer ? Pour cela tous les outils de coaching peuvent nous aider :

L’analyse transactionnelle nous propose de faire trois distinctions :

Celle que je nommerai en premier est de remettre à plat les faits : tout ce qui concerne la situation qui demande un discernement, et de prendre le temps de bien vérifier que nous avons vraiment fait le tour de toute la situation en retirant tout ce qui pourrait être de l’ordre des interprétations , des jugements de valeur sur cette situation même où sur des personnes  .

Il s’agit alors de  remettre les choses dans leur contexte en répondant à des questions qui pourraient commencer par « Quoi, qui, quand, où, comment, combien » et en omettant de répondre à la question du pourquoi

En faisant cela on sépare le présent du passé et du futur, on sépare les rôles de chacun, on sépare en se dotant de chiffres précis et en situant les évènements dans le temps et dans l’espace.

Si la question est vraiment délicate avec un fort enjeu personnel, c’est bien de se faire accompagner, car immanquablement les émotions et nos croyances vont interférer :

Un témoin impartial est alors souvent essentiel : il  pose les questions les plus candides avec la seule intention d’aider le travail de séparation en essayant tout simplement de comprendre la situation.

la seconde séparation qui est proposée par l’analyse transactionnelle est de prendre le temps de regarder la situation à l’aune des  valeurs, et des  croyances: c’est le moment où il faut  exprimer alors tous nos jugements sur cette situation et sur les personnes :

Chacun de nous, sommes pétris par une éducation et nous avons plus ou moins fait le tri dans tout cela : il y a en nous toutes nos racines familiales, culturelles, politiques, sociales, religieuses, et nous nous sommes construits consciemment et inconsciemment dans la suite et  dans la rupture de notre histoire :   nous sommes faits de tous ces patterns psychologiques qui nous ont façonnés depuis plusieurs générations avant nous : ce sont nos racines.

Prendre le temps de relire la situation qui demande un discernement à la lumière de nos valeurs et de nos croyances est une  étape est très importante : elle nous oblige à discerner, à trier, entre ce qui est le plus important et le moins important pour nous, entre ce qui est de l’ordre des croyances aidantes ou au contraire des croyances limitantes

C’est déjà le début d’une prise de recul qui nous sort de la confusion en hiérarchisant les possibles pour le futur  c’est l’étape où l’on prend appui sur le passé pour faire des choix

là encore, le témoin impartial, peut être aidant puisqu’il n’a pas le risque de rentrer dans les jeux psychologiques mortifères, par exemple le jeu du « qui a tort qui a raison » ou le jeu du « qui perd gagne »

L’analyse transactionnelle nous propose ensuite de discerner au plus profond de nous : au plus profond de nos émotions : au plus profond de nos peurs, de nos désirs, de nos colères, de nos tristesses, de nos besoins.

Cette troisième étape est cruciale dans le discernement : les émotions nous entrainent vite dans la confusion et dans la logique de la lutte ou de la fuite. Paradoxalement c’est en plongeant au plus profond de l’intimité de notre intelligence émotionnelle que nous prenons le plus de hauteur pour discerner. Si les émotions ne sont pas revisitées, elles sont comme tellement collées à nous que ce sont elles qui dirigent notre vie. Si au contraire, le discernement doit se faire sur une question qui occasionne beaucoup de souffrance, le risque est d’être totalement dissocié de nos émotions et de prendre alors une décision ne tenant pas compte ni des dangers, ni des conséquences pour soi et pour les autres des choix que l’on pose.

Là encore le témoin impartial favorise énormément le travail de discernement : c’est tout son tact d’accompagnant qui est à l’œuvre et qui sent alors quand c’est le moment où il faut aller du côté du ressenti : soit pour le mettre à distance si la personne est confuse, soit pour s’en rapprocher si la personne est totalement dans le mental.

Discerner, c’est-à-dire séparer amène paradoxalement à une unité  intérieure. C’est en faisant ce long travail que tout se met en perspective et alors le futur devient évident et les choix se font librement, en conscience, en sachant vers quoi l’on va et pourquoi on y va .un sentiment de clarté , de justesse  et de paix arrive alors : le fruit du travail de discernement est une assertivité renforcée .

Discerner c’est sortir de la confusion sans tomber dans le piège des murs : séparer ne veut pas dire opposer, mais bien trier pour mieux choisir quand, comment et avec qui se connecter.

Je voudrais aujourd’hui faire un hommage à Anné linden qui m’a tellement bien enseigné cela. Je lui dois, en grande partie, ma manière d’être comme coach et comme thérapeute aujourd’hui. J’ai fait grâce à  elle mes propres chemins de discernement : y voir clair entre les apports théoriques des outils que j’utilise, ma propre histoire et ma propre personnalité pour discerner quelle professionnelle je suis aujourd’hui et je veux être demain. Je lui dois vraiment beaucoup ! Grâce à elle je sais maintenant me connecter par choix et non par besoin. Elle m’a aussi enseigné que la métaphore ouvre de bien belles manières d’autres voies possibles de discernement.

Le 13 mai 2019

Le pouvoir du désir

Imaginez-vous devant une grande planche en bois solide suffisamment épaisse pour ne jamais se casser sous votre poids, une planche de 50 cm de large et d’un mètre de long  .imaginez-vous la poser sur le sol et demandez-vous si vous pouvez marcher sur cette planche sans difficulté sur les 1 mètre de longueur.

Votre imagination trouve cela très simple et vous n’aurez aucune difficulté dans la vraie vie à marcher sur cette planche.

Imaginez-vous maintenant avec cette même planche posée à deux mètres du sol. La même épaisseur, la même largeur, la même longueur, la même solidité.  Mais là si vous aviez à marcher sur cette planche vous seriez en stress maximal, vos jambes trembleraient probablement, car en imagination vous vous feriez un film du danger et du vertige.

Et pourtant il y a des couvreurs qui montent tous les jours tout en haut des toitures …en imagination ils savent qu’ils sont capables de le faire. Dès le premier jour de leur apprentissage, ils se sont forgé l’intime conviction qu’ils allaient non seulement pouvoir le faire, mais en plus y prendre du plaisir !

Votre imagination sur le danger du futur conditionne tous vos actes : j’ai peur,   je ne peux pas, j’ai confiance, je peux.

Tout cela se fait au plus profond de notre inconscient.

Et pourtant quand on a peur c’est qu’on a en corollaire un grand désir. Si j’ai peur de ne pas décrocher ce poste, c’est que j’ai un grand désir de l’avoir : sans désir, pas de peur. Et plus mon désir est fort plus ma peur est intense.

On se retrouve donc en soi même en conflit interne entre désir et volonté .la volonté étant annihilée par la peur. Cette peur engendrée elle-même d’un  grand  désir. Cette peur qui me pétrifie et qui m’empêche d’avancer.

La culpabilité vient alors et nous demande de mettre en place une plus grande volonté. Mais cela ne marche pas.

En fait, notre cerveau ne fait pas la différence entre la réalité et l’imagination .C’est pour cela que nous pouvons pleurer devant un film ou en lisant un livre  alors même que nous  savons tout à fait que sommes dans une fiction.

Les films que nous nous faisons sur nos réalités présentes et sur les réalités du futur sont pour nous un ancrage plus puissant que notre réalité elle-même.

Si tous les films de notre vie sont basés sur : « je ne peux pas », « j’ai peur » « ce n’est pas possible » « ils m’empêchent » « c’est la faute, à », « ce n’est pas pour moi » « je ne suis pas capable » « cela ne va pas marcher »  ….. Alors toute notre vie sera conditionnée par notre imagination négative. C’est le schéma de tous les replis sur soi et de tous les murs qui se dressent.

Le seul moyen d’avancer et d’avancer en étant heureux et de se connecter à ses désirs profonds : car d’un seul coup d’un seul cela donne une force de vie incroyable

Ceux qui savent faire cela  ont  identifié clairement ce qui est bon pour eux, ce qu’ils veulent, ce qui les rendra heureux et ils sont en capacité de se faire les films par anticipation de tout ce qui en découlera. De tous les changements positifs que cela leur apportera.

La force de l’imagination sera alors en eux comme une immense puissance de vie.

N’avez-vous jamais entendu parler de personnes en fin de vie qui ont eu un tel  désir de voir une personne de leur entourage qu’ils en étaient capables de retarder leur décès quelques fois de plusieurs semaines . En imagination, le moment le plus important pour eux, la rencontre avec l’un de leurs proches, prenait le pouvoir sur tous les organes de leur corps pour le maintenir en vie par la seule force du désir.

Faire le premier pas pour demander une aide est en fait le signal encore inconscient de notre premier désir : celui qui est de stopper la machine à se faire des films négatifs.

La relation thérapeutique comme tous les outils d’accompagnement ont une réelle efficacité. Lors de la première rencontre, le thérapeute écoute tous les doutes, les peurs et les certitudes de blocage. Son rôle est alors de commencer le travail de conversion intérieure pour faire émerger le désir le plus profond. Un désir concret et pour soi-même.

Milton Erickson, le père de l’hypnose que je pratique, savait cela très bien. Il utilisait la force de l’imagination pour créer dans le cerveau de ses patients des souvenirs positifs du futur.

Et comme au cinéma, les films devenaient dans le cerveau de ses patients,  encore plus puissants que leurs réalités.

En chacun d’entre nous, le désir déjà accompli en imagination donne une force vitale extrêmement puissante.

Alors, ne vous en privez pas :

Savez-vous dire quel est votre plus grand et plus profond désir pour vous-même ? Et concrètement, cela se verrait à quoi si vous l’aviez atteint ?

 

 

 

 

 

Peut-on être un leader charismatique et humble à la fois ?

Le charisme c’est la capacité à regarder l’avenir à l’aulne de tous les potentiels positifs et d’amener les bonnes personnes à y aller avec enthousiasme.

Le charisme est directement lié au leadership. La personne qui est connectée à ses valeurs profondes, qui a un esprit d’analyse et de critique qui est tournée vers la capacité à mettre en œuvre concrètement la réalisation de rêves, va tout naturellement être en connexion avec les autres.

Tout naturellement, elle va agir comme un aimant qui fera qu’elle aura autour d’elles des personnes qui auront envie de travailler avec elle et de s’unir aux mêmes causes.

Le charisme même s’il est directement lié à une forte capacité d’expression n’est pas seulement l’apanage des orateurs, mais surtout de ceux qui sont vraiment fortement connectés à l’envie de faire bouger les lignes. C’est parce qu’ils y croient fermement qu’ils sont totalement congruents dans tous les gestes, tous les actes et tous les choix qu’ils posent, que cela produit immédiatement la confiance et que cela entraine.

Le charisme nait d’une personne qui a un égo puissant : d’une personne qui sait qui elle est, ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas et qui est capable de se donner les moyens d’arriver là où elle veut.

Alors bien sûr le charisme quand il est très puissant peut conduire facilement vers ce que l’on peut nommer l’orgueil, l’égo démesuré ou le despotisme.

La polarité du charisme est l’humilité : Cette certitude que seul, je ne peux rien, que le collectif est plus intelligent que l’individualisme.

 L’humilité c’est un rapport au temps lent, c’est la solitude pour laisser les autres aller sur leurs propres chemins, c’est le silence, c’est la capacité se remettre en cause, c’est le lâcher prise par la croyance que le chemin est plus beau que l’atteinte de l’objectif. C’est la prise de conscience de ses faiblesses et la capacité à demander de l’aide, c’est avoir touché du doigt l’impuissance à changer le court des choses.

Paradoxalement ce n’est pas quand on se sent faible, nul, non confiant en soi que l’on peut atteindre l’humilité. L’humilité est le chemin proposé à ceux qui ont le plus fort charisme .l’humilité n’est pas donnée par la nature, Elle  est volonté, elle est travail, elle est le fruit d’une décision éthique fondamentale, radicale, et sans cesse à remettre en perspective.

Mon métier me donne la joie d’accompagner des personnes charismatiques qui ont fait le choix éthique d’utiliser ce charisme à bon escient. C’est passionnant, motivant et touchant de faire un bout de chemin avec eux. J’ai des prénoms, des visages, tout plein de personnes que j’ai eu la grande chance d’accompagner et que ma déontologie m’oblige bien sûr à ne jamais nommer.

C’est un travail que l’on fait avec toutes les formes d’intelligence : l’intelligence rationnelle, émotionnelle, relationnelle, créative que nous avons chacun de nous à déployer encore et encore.

Pour certains le chemin vers le charisme humble passe par une acceptation de ses faiblesses, pour d’autres au contraire par l’acceptation de ses forces. C’est toujours un regard à porter sur ce qui a été vécu et sur ce qui va se vivre, c’est aussi toujours et toujours la connexion puissante à soi-même et aux autres en même temps…… au temps présent.

Belle rentrée à vous tous.

Isabelle Flye Sainte Marie

Septembre 2018