Charles Baudelaire , mon premier enseignant en coaching

Correspondances :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, IV.

Une partie du métier de coach est de permettre à nos clients de sortir d’un point de vue strictement rationnel et logique pour faire advenir le sens des choses (signification et direction) et ainsi aller à la recherche de ce qui est bon et beau pour soi et pour les autres .

Baudelaire dans ce texte nous ouvre un chemin possible :
Par les perceptions visuelles, auditives, olfactives et tactiles, il nous invite à faire des correspondances horizontales (direction ) et verticales (signification) par toutes sortes d’analogies : Personnifications, métaphores, comparaisons, paradoxes.
Ces synesthésies nous permettent de faire surgir des réalités que l’on ne peut pas percevoir autrement.

La scansion régulière des alexandrins nous indique que ce chemin est un chemin qui nous permet de sortir de la confusion pour aller vers l’harmonie et l’unité.

En relisant ce poème ce matin, je souris à l’idée que sans doute Baudelaire fut mon premier professeur en coaching : Celui qui m’a appris que notre perception par le mental ne nous permettait pas de tout voir et que l’on pouvait rajouter au tout mental , une perception plus fine des choses par le symbolisme.

Février 2014

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