Injonction de se taire, envie de dire.


Il y a deux mouvements opposés en nous, un mouvement de fermeture et un mouvement d’ouverture.

Le premier mouvement vient d’une injonction que l’on reçoit de l’extérieur ou qui vient de nous. Cette injonction qui est de ne pas parler. D’avoir à se taire, de fermer la communication .cela demande un effort, un effort de crispation, de blocage .tout reste alors à l’intérieur.
On peut constater cela aussi bien dans sa vie personnelle quand on fait toujours attention à ne pas dire ce que l’on pense, quand on a des secrets de famille conscients ou inconscients à taire, quand la pression sociale du groupe dans lequel on navigue nous demande à nous conformer et que l’on cache alors la vérité du réel …
On voit aussi tout à fait ces mécanismes au sein de la vie professionnelle quand on nous intime l’ordre de faire ou de ne pas faire des choses et que cela nous oblige à être en dilemme avec ses valeurs profondes.
C’est comme si l’on mettait un couvercle au-dessus de notre nature profonde et que ce couvercle ait tout le temps envie de sauter et qu’il nous fallait une force importante pour le laisser fermer.
Cela entraine forcément des somatisations importantes au niveau du corps qui s’use, qui geint, qui bloque, qui casse, qui s’exprime.
Cela entraine aussi des somatisations importantes au niveau de la psyché : toutes sortes de blocages comportementaux, émotionnels ou intellectuels.
Comme si l’on ne pouvait plus alors se connecter aux meilleurs de soi-même : à ses ressources, à ses capacités, à ses désirs et à son identité profonde.
Le second mouvement est un mouvement d’ouverture. Une libération de la parole d’abord, une connexion à soi-même si puissante que tout peut alors s’ouvrir, se décrisper, se débloquer. Il n’y a aucun effort à faire pour cela, juste se connecter à soi-même, regarder quel est ce formidable élan du désir au-delà des peurs et ……………….Laissez-faire.
Ce dialogue avec soi-même est un instant béni où l’on est en phase avec toutes les parties de nous, où à l’intérieur, les tiraillements font place à la circulation fluide des émotions, des sentiments, des pensées, des actes à mettre en œuvre. Et cela bouge, le mouvement intérieur vient et la vie trépidante et joyeuse se remet à couler comme si on était un enfant insouciant.
Et cela permet souvent de sortir d’un dilemme avec seulement deux choix possibles, d’élargir le regard et d’avoir plus de possibilités .Ce mouvement autonomise et nous rend responsable des choix que l’on pose.
Alors, bien entendu, ce n’est pas forcément un chemin de facilité, mais c’est le chemin de la vie qui coule en abondance.

Et maintenant, en conclusion de cet article, je vous proposerai bien un petit exercice.
Allez-vous installer dans un endroit tranquille pendant 5 minutes. Prenez le temps de vous détendre, de vous reconnecter à vous-même, à votre corps, aux sensations qu’il vous donne, et laisser venir à vous les images, les émotions, les pensées qui viennent. Prenez ces 5 longues et bonnes minutes pour être totalement concentré sur ce que vos sens vous donnent à ressentir.
Regarder tout cela avec deux mouvements : le premier en étant complètement connecté et en ressentant tout de l’intérieur et le second comme si vous étiez spectateur de vous-même. Un spectateur attentif et curieux d’en apprendre encore.
Et tout en faisant cet exercice de relaxation, laissez venir ce que vous taisez depuis longtemps. Laissez-vous imprégner des liens que vous pouvez faire entre ce silence bloquant, le message qui vient et comment cela résonne en vous et ……. Et puis ….souriez alors, de votre formidable capacité à avoir d’autres choix possibles.

 
Et je serais heureuse de lire vos commentaires si vous avez envie de dire !

Isabelle Flye Sainte Marie
31 janvier 2017

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