La faute à.

 

« La faute à » est le symbole pour moi d’un  comportement fréquent que je vois qui est de rejeter la responsabilité de ce qui se passe dans ma vie loin de moi.

La faute aux profs, à la société, à la famille, aux voisins, au gouvernement, à la météo, à la mal chance,… tout est bon, tout y passe.

Ce comportement est souvent accompagné de peurs et de colères masquées par de la contestation, des soupirs et de l’irritabilité. Souvent aussi accompagné par une forme de résignation où la contestation n’est pas accompagnée par une recherche de solutions.

« C’est la faute à ». Cette manière de faire est très utile. Elle permet de ne pas à avoir à se remettre en cause et à se dédouaner de ses propres responsabilités.

« C’est la faute à » est une stratégie de dissociation qui permet d’éloigner de moi ce qui est pénible et ce qui pourrait me demander de sortir de ma zone de confort.

On appelle cela la posture de victime.

 

Dans l’accompagnement il y a un paradoxe dans la demande des personnes qui se plaignent. Un paradoxe qui pourrait se résumer inconsciemment comme cela : « Je viens vous voir, mais surtout je viens confirmer que je suis responsable de rien. Cela me conforte dans l’idée que rien ne changera puisque rien ne dépend de moi. Et  donc que  je ne vais pas aller mieux. »

Et ainsi nous les coachs ou thérapeutes, on a cette affreuse impression de tourner en rond. La logique devient  «   Je ne vais pas bien, je suis victime, je ne suis pas responsable, je ne peux rien mettre en route, cela renforce mes colères et mes peurs,  je ne vais pas bien » … et la boucle est bouclée.

Ce dont je suis sure aussi c’est que quand je me retrouve devant de vraies victimes, celles qui méritent d’envoyer quelqu’un au tribunal ce mécanisme-là ne se met pas en route. il y a au contraire un mélange de culpabilité qui est focalisé sur «  Je suis certainement un peu  responsable de ce qui m’est arrivé  »

 

Mon rôle comme accompagnante est de permettre une prise de recul sur ce qui arrive.

Pour dire certaines fois : « Ce que vous avez vécu et subi fait de vous  une réelle  victime.  Et ce que j’entends est le récit des  peurs et des colères, le chemin à faire est un chemin de résilience  qui vous donnera une force intérieure si puissante accompagnée d’une si grande et belle sensibilité  et tout cela est déjà là »  . J’ai quelques visages qui me viennent en écrivant ces lignes où la seule phrase que je peux prononcer est « Chapeau bas »

Pour dire d’autres fois : « Vous vous enferrez dans une posture de victime qui n’a pas lieu d’être et qui vous dédouane de responsabilités .C’est une stratégie qui a été utile probablement à un moment dans la vie, mais qui sclérose et qui empêche le mouvement. » J’ai quelques visages qui me viennent en écrivant ces lignes et la seule phrase que je peux prononcer alors est «  Vous êtes à un carrefour et c’est vous qui faites les choix et ne rien faire est déjà un choix qui vous rend responsable »

 

Ce matin je ne peux pas ne pas prendre du recul sur tout cela est me dire que nous sommes biberonnés à «  la faute à »  à longueur de temps, il suffit d’ouvrir une télé, un journal.

Cela sert le buzz médiatique et les jeux de pouvoirs. C’est plus puissant que tous les opiums pour éteindre les consciences.

Humblement, à ma toute petite échelle, je crois que le rôle des coaches et des thérapeutes  est de ne pas avoir peur et d’être des éveilleurs. De continuer coûte que coûte à proposer de légers décalages de point de vue, pour confronter, pour oser dire ce que l’on voit et ce que l’on ressent.

Et si ce chemin est fait en toute bienveillance, cela porte des fruits extrêmement puissants. Cela permet aux personnes de relever la tête et de retrouver  la force que donne la responsabilité des actes qu’ils posent dans leur vie .

 

Septembre 2017

 

 

 

 

 

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