La supervision

 

Dans le social, il est courant que les professionnels puissent participer à des groupes d’analyses de pratiques. C’est un groupe qui réunit les personnes faisant le même travail ou étant dans le même service selon un timing défini à l’avance.

Les coachs eux aussi ont des lieux de supervision. Ils peuvent choisir une supervision individuelle ou une supervision collective, parfois ils font les deux.

 

La supervision (comme l’analyse des pratiques) a plusieurs finalités :

 La première utilité d’être supervisé est de ne pas porter tout le poids de ce que l’on peut entendre et vivre au quotidien dans son travail et d’avoir un lieu    pour s’en décharger.

 C’est aussi un moment où l’on regarde avec recul ce que l’on a fait à la lumière de la découverte de sa propre identité d’accompagnant.

Chaque accompagnant a son propre style comme d’ailleurs ses propres stratégies sous stress. La supervision part du présupposé que le principal outil d’accompagnement c’est soi-même. La supervision répondant alors à cette nécessité de bien se connaitre pour accompagner les autres.

 La supervision sert aussi à repérer les jeux psychologiques qui sont induits dans la relation d’aide :

la personne accompagnée va se comporter, dans sa relation avec la personne qui l’accompagne,  avec les jeux relationnels qu’elle utilise habituellement avec les autres : cela peut être des jeux de pouvoir, des jeux de jugement, des jeux de séductions, de fuite, une volonté de créer des liens affectifs ou en  posture de victime.

C’est la relecture de la relation d’aide qui permet de mettre aussi la lumière sur cela .cela s’appelle le transfert : un jeu de miroir entre l’accompagné qui interagit avec l’accompagnant comme il l’a fait avec d’autres.

L’analyse des liens de transferts est ce que je crois le plus important et le plus enrichissant dans un lieu de supervision. C’est quelquefois tricoté avec subtilité et c’est un regard extérieur qui peut mettre en lumière les transferts. Savoir identifier les transferts est une chose importante et savoir ensuite les utiliser dans son accompagnement est encore plus intéressant pour que l’accompagné puisse prendre du recul sur sa propre histoire.

Par exemple, si la personne accompagnée remet sans cesse ses rendez-vous, c’est peut-être le signe d’une mauvaise organisation, d’une surcharge de travail ou peut être le signe inconscient que c’est difficile de se plier à une décision prise conjointement. Cela pourrait aussi être une partie de lui qui ne veut pas venir par peur de dévoiler ses fragilités.

En supervision  l’accompagnant émet des hypothèses et réfléchit aussi de ce qu’il va faire avec cela. En parler ou se taire ? Qu’est-ce qui est le plus opportun pour cet accompagné-là dans son contexte d’aujourd’hui avec ses propres demandes initiales ?

Le transfert peut aussi intervenir en dehors de la relation d’aide : par exemple,  lors d’une rencontre l’accompagné parle de son manager en disant qu’il ne le supporte pas. Ce manager tarde à prendre des décisions,  fuit la discussion  …

Si l’accompagnant apporte ce récit en supervision,  l’on peut regarder à plusieurs niveaux

 Au niveau de l’accompagné : comment l’accompagnant a t’il mit en lumière un possible transfert entre lui et son manager ?

 Au niveau de l’accompagnant : ne fait-il pas lui aussi un contre-transfert sur ce récit : cette histoire ne vient-elle pas aussi faire écho dans sa propre histoire d’accompagnant ? Si    c’est le cas, cela va induire un changement de posture dans l’accompagnement et en général c’est un changement en mode-conseil «  si j’étais vous ….. Ne croyez-vous pas que …. »

Transfert et contre-transfert sont les liens invisibles et subjectifs qui tissent et détissent sans cesse nos histoires personnelles avec celles des autres. C’est ce qui fait toute la richesse des sciences humaines.

Par contre il est du rôle de l’accompagnant d’avoir un lieu, un espace pour  regarder tout cela  en supervision pour ensuite en faire de la matière vivante dans l’accompagnement.

En conclusion je vais résumer en disant que la supervision est un processus d’apprentis-sage dynamique et expérientiel basé sur l’étude de cas et sur la  une relation avec le superviseur. Celui-ci  a comme fonction de contenir par la parole les difficultés et les questions soulevées par les transferts inhérents à la pratique d’accompagnement.

 

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