Violences faites aux femmes

Avoir peur du bruit de tes pas dans l’escalier, savoir que je ne suis pas en sécurité à l’intérieur de mon chez moi, être en alerte, attentive aux moindres signes, aux risques de dérapage, et ne pas pouvoir dire, se taire, attendre, être dans une impasse, t’aimer encore, malgré tout, malgré l’indicible .

Voilà ce qui m’a été donné d’entendre des violences conjugales.
La voix, la posture de cette femme ce matin-là était relayéE par le bleu cristallin de son regard perdu, et derrière ce bleu, combien de pensées , de gestes , de maux , de mots à supporter .
Pas moyen d’ouvrir la porte des émotions quand on est dans la survie.
Hébétée, fragile, voilà la seule stratégie possible.
Et pourtant de ce frêle corps tout fut dit en une phrase quand je lui ai dit ce matin là

-« Vous avez mal au dos ce matin ? »
-« J’ai été tabassée toute la nuit »

Et moi, fragile en face de la fragilité, triste, avec un tel sentiment d’impuissance, j’ai juste pris le relais, le tout petit relais pour la confier à des personnes qui peuvent agir dans l’urgence.

Et ce matin-là, j’ai pu encore et encore vérifié que la parole est liberté.

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